Métaux Torngat : entre inquiétudes locales et ambitions internationales
L'équipe de Métaux Torngat organise mercredi des consultations à Sept-Îles afin de présenter une mise à jour de son projet d'usine de transformation de terres rares dans le secteur de Pointe-Noire, plutôt qu’au parc industriel Vigneault.
Selon l'entreprise, ces rencontres ont pour but d'établir un dialogue avec la population de Sept-Îles et les membres de la communauté de Uashat Mak Mani-utenam.
Je ne suis pas ici pour gagner un argument. Je suis ici pour écouter et partager ma vision.
Des inquiétudes citoyennes qui persistent
Malgré de récentes modifications du projet, des inquiétudes citoyennes persistent quant aux répercussions de l'arrivée de l'usine sur la qualité de l'air et le traitement des déchets radioactifs.
La co-porte-parole de Groupes citoyens Sept-Îles, Louise Gagnon, est catégorique à l'égard de l'installation de l'usine à Pointe-Noire. Le projet n'est toujours pas acceptable dans sa forme actuelle
, revendique-t-elle, ajoutant qu'il pourrait ne jamais l'être.

Le projet d'usine auparavant envisagé au parc industriel Vigneault est désormais prévu dans le secteur de Pointe-Noire.
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
Si le dialogue s'est amélioré avec l'entreprise selon elle, il manque toujours des informations par rapport aux rejets éventuels d'une usine de transformation à Sept-Îles
.
La direction de Métaux Torngat déclare vouloir développer un projet absolument impeccable sur le plan de l'environnement
. Yves Leduc espère profiter de la consultation du jour pour entendre les préoccupations, mais aussi pour répondre aux questions et s'ajuster en conséquence
.
Pour Michel Jébrak, la question des déchets radioactifs générés par cette activité soulève encore beaucoup d'inquiétudes auprès de la population, ce qui pose un vrai défi d'acceptabilité sociale.
Un contexte géopolitique favorable, estime l'entreprise
Selon le chef de la direction, le projet de Métaux Torngat profite actuellement d'un environnement propice à sa réalisation.
La Chine a un monopole complet sur le dysprosium et le terbium
, affirme Yves Leduc au micro de l'émission Bonjour la Côte. Selon lui, ces minéraux critiques sont essentiels à la fabrication d'aimants permanents nécessaires à la fabrication des moteurs électriques, des turbines éoliennes ou de robots
.
Dans un contexte de guerre commerciale, le chef de la direction de Métaux Torngat souligne qu'un projet comme celui-ci permettrait de s'affranchir en partie de cette dépendance chinoise. Pour Yves Leduc, cet approvisionnement en terres rares est essentiel à la transition énergétique dans laquelle le Québec est engagé.
Selon le professeur au département des sciences de la Terre et de l'atmosphère de l'UQAM, Michel Jébrak, le véritable défi de Métaux Torngat sera d'assurer une véritable compétitivité vis-à-vis de la Chine. Il ajoute que d'autres projets de terres rares sont en cours au Québec et aux États-Unis.
Cet enjeu de rentabilité s’explique par l’absence de producteur d'aimants éternels au Canada, principaux demandeurs de terres rares. Yves Leduc précise que la possibilité de fermer la chaîne de valeur industrielle
au Canada permettrait d’attirer des clients potentiels, mentionnant les intérêts que pourraient avoir le gouvernement et la défense nationale dans l’accomplissement de ce projet.

Le chef de la direction de Métaux Torngat, Yves Leduc, est de passage à Sept-Îles pour participer à deux rencontres publiques.
Photo : Radio-Canada / Bénédicte Filippi
L'absence de producteurs d'aimants permanents au Canada, principaux clients de terres rares, représente un défi pour la rentabilité du projet. Yves Leduc estime toutefois que fermer la chaîne de valeur industrielle
au Canada pourrait attirer de nouveaux clients.
Les consultations s'inscrivent dans l'étude d'impact environnemental du projet d'usine, qui doit être publiée cet automne.
D'après les informations de Renaud Chicoine-McKenzie
Advertising by Adpathway





